Electre

Année: 
1990
Affiche - Electre - 1990

Amis, peut-être serez-vous surpris par notre noble langage,
De cette histoire vieille de milliers d’années,
Le sujet si familier, si cher aux auditeurs d’autrefois,
Le sujet vous en est peut-être inconnu.
Aussi permettez-nous de vous le présenter;

d’après le Prologue, d’Antigone de B.Brecht

La famille des Atrides est apparentée aux dieux. Atrée, pour se venger de son frère qui avait tenté de lui voler sa part d’héritage et séduit sa femme, lui fait manger, lors d’un banquet, la chair de ses propres enfants. Désormais ses descendants sont voués aux déesses de la vengeance les Erynnies.

Agamemnon, roi d’Argos, chef de l’expédition pour reprendre la belle Hélène, sa belle sœur, accepte de sacrifier sa fille Iphigénie pour que la flotte puisse enfin appareiller vers Troie.

Lors de son retour triomphal, Clytemnestre et son amant Egisthe lui préparent un bain vengeur.

Ils pourraient profiter de leur crime si règne le silence, si nul ne bronche. Clytemnestre ordonne que soit exécuté son fils Oreste, prince héritier, et que ses filles, Electre et Chrysothémis soient ravalées au rang de servante.

Oreste est sauvé, emmené en exil ;

Electre refuse le silence, ; elle crie. Elle hurle vengeance pour son père assassiné, le trône usurpé, le sang versé, le bonheur impossible.

Oreste revient, sûr de son droit contre l’usurpateur, incertain sur le matricide. Mais il n’y a pas deux poids deux mesures face à la faute originelle.

La hache de la justice s’abat sur le couple meurtier.

A quels tourments les Erynnies vouent-elles les justiciers devenus assassins ?

Mais sans mémoire, le bonheur, la vie même, sont-ils possibles ?

Mais, sans réparation, la mémoire suffit-elle ?

La fable antique est là, qui nous parle sans cesse au présent, au profond de notre société et de notre intériorité.

« Souvenez-vous d’actes semblables, ou de leur absence, Accomplis dans un passé plus proche…
Et maintenant vous allez voir les acteurs,
Rentrer l’un après l’autre là, dans l’aire de jeu
Où il y a deux mille cinq cent ans, l’humanité
Dans la nuit des temps s’es levée,
Droite et grande. » (Ibid)

Eschyle, Les Choéphores ; Hoffmannsthal, Electre ; Sartre, Les Mouches ; Sophocle, Electre ; M. Yourcenar : Electre ou la chute des masques

Informations: 

Mise en scène : Joseph Melcore

Création collective d’après la traduction par Hoffmanstal de l’Electre de Sophocle, présentée en juin 1990 sur un terrain de sport de l’Université, dans le cadre du festival Besançon Ville Ouverte aux Jeunes, et diffusée en 1991 à Pontarlier, Neuchâtel (Suisse), Liège (Belgique), Cologne (Allemagne), Vilnius (Lituanie), Montréal (Québec).

Comment monter la tragédie grecque, cette énorme fête populaire, religieuse et civique, célébrée dans des théâtres de plein air en communion avec vingt mille spectateurs ? 

L’un des rares spectacles du TU comportant une distribution.

Dramaturgie : Lucile Garbagnati

Costumes : Sélima Bouras, Maryline Bouthiaux, Florence Cabot, Anne-marie Tournier

Masques : Sabine Abrassard

Régie son et lumière : Jean Garbagnati  

Nous tenons à remercier pour leur soutien technique les établissements Weil et Monsieur Capi, menuisier de la faculté des Lettes.

Distribution: 

Vincent Auclair, Laure Bachetta, Christèle Belot, Sandrine Billet
Sélima Bouras, Maryline Bouthiaux, Florence Cabot, Nicole Chaboud
Cédric Charlier, Philippe Coulon, Béatrice Gay, Heike Horny, Nathalie Houg, Joseph Melcore, Virgil Mergnat, Françoise Nicolet, Bernard Normand, Patricia Pagnot, Laurence Ruez, Jean Vuitteney